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Oeuvres

El-Araneb (1994):


Œuvre: Vol au-dessus d'un nid de Coucou de Ken Kesey.

Mise en œuvre: Samir Oudjit

Scénographie: Iskander  Mohamed

Éclairage et musique: Djamel Belferag

Conception du décor: Kaddour Mestour et Messadia Hamou

Conseiller artistique: Salah Boubir

Interprétation: Djamel Naït Saïd, Merouane Gharbi, Fouzi Bouslah, Ferroudj Mabrouk, Nori Seghir, Belhadj Boudrouaz, Youcef Mansouri


Résumé:

La pièce de théâtre nous plonge dans cet univers carcéral et médical vraiment angoissant, étouffant. Ici, le lavage de cerveau est plus courant que celui des dents et il ne fait pas bon contredire l’infirmière chef, qui a tout pouvoir sur l'esprit et le corps, l'âme. Ici les souffrances sont à fleur de peau, mais les exprimer, même si on y est incité par les fameux groupes de parole, revient à se faire moquer et tomber encore plus bas dans l’estime des autres et surtout dans sa propre estime. Ici, il est de bon ton d’être dingue, ou dépressif, mais il convient de rester un doux dingue et de filer droit, d’accepter le règlement même (et surtout) s’il est stupide, de faire le dos rond… D’ici, il est certain que vous ressortirez plus fou que vous n’y êtes entré…


Mais impossible pour le personnage principal de se fondre ainsi dans le groupe et de se laisser grignoter par ce système, d’autant plus qu’il est persuadé n’être là que pour un bref séjour. Il va allègrement perturber l’équilibre déjà précaire de cette microsociété où la tranquillité n’est qu’apparente, et va dès son arrivée se mettre à dos l’infléchissable et indestructible infirmière, plus rigide et bornée qu’il n’est de mots pour le dire, et qu’on a envie de frapper tant ses idées préconçues et ses principes distillent le mal, attisent les névroses, augmentent les angoisses… Le chef, colosse, figé dans son mutisme l’a bien compris, puisqu’il se retire en lui-même pour échapper à cet environnement détestable, et parler avec son père défunt. Narrateur de cette triste histoire, dont il se positionne pourtant sur la périphérie, il en sera cependant le pivot central à la fin.


Tous les personnages de ce huis-clos sont poignants, criants de vérité, étalant ainsi leurs peurs, leurs obsessions, mais aussi leurs pudeurs et leur douceur, et parfois la solidarité ou des germes d’amitié qu’il suffirait d’un peu motiver pour changer le cours des choses...Cette adaptation du célèbre roman de Ken Kesey apparait en effet comme une dénonciation de tout système totalitaire, que ce soit le système médical ou disciplinaire. Le texte combat les idéologies uniques et prône la liberté de penser, à défaut de celle d’agir. Il nous incite à lutter contre toutes sortes d’oppressions, physiques ou morales, et à nous insurger contre la bêtise et l’injustice.

El-Araneb :